| Mon
Travail est une proposition architecturale dont l'unité
de construction est la pente douce.
Par pente douce, j'entends ces lignes qui, sous le poids de la pesanteur, dans
la répétition du geste et dans la volonté de les saisir
droites, ne peuvent apparaître qu'avec un faible degré d'inclinaison.
L'articulation de ces lignes dans l'espace clos de la toile, crée un mouvement
désaxé, une ambivalence perceptive (entre élévation
et plan de masse) dont on pourrait extraire une formule quasi mathématique
: je la déchiffre quand je l'observe, je la recompose quand je la propose.
De cette base de construction volontairement radicale et épurée,
naît alors la part sensible également induite dans mon travail.
Car, en rupture avec la tradition de verticalité
et de puissance, la pente douce s'inscrit dans le champ métaphysique
et métaphorique. Elle érige un monde d'horizontalité
qui réhabilite la contemplation. Et par pente douce, j'entends
alors un caractère admirable, au sens littéral
du terme.
La Pente Douce, c'est à la fois "pente" en tant que phénomène physique
de libre arbitre (monter/ descendre) et "douce" en ce qu'elle
va révéler une disposition sensible face aux possibles. |
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